Doubler les sillons disponibles aux heures pleines (ERTMS, dédoublements, nœuds saturés) dilue le coût fixe par siège et casse la rareté qui fait grimper les prix de dernière minute. Lourd en investissement, mais structurellement déflationniste.
Deux leviers, suffisamment pour changer le prix.
Aucun n'est révolutionnaire. Aucun ne suppose une réforme structurelle de la SNCF ou un choc d'investissement. Les deux relèvent d'une décision budgétaire annuelle. Voici comment.
Le pain, l'eau, l'électricité, les transports en commun urbains relèvent en France du taux réduit (5,5 %). Le train, lui, est taxé à 10 % comme un service de loisir. Cette anomalie remonte à 2014, par simple décision budgétaire.
Reclasser le transport ferroviaire de voyageurs en bien essentiel et lui appliquer le taux de 5,5 %. La directive TVA 2006/112/CE le permet explicitement (annexe III, point 5).
Environ 240 M€ par an de moindres recettes — 0,06 % du budget de l'État. À comparer aux 4,3 Md€ de subventions au transport routier individuel via le crédit d'impôt carburant.
Pour un billet à 80 €, l'économie est de 3,60 €. Sur un trajet hebdomadaire à l'année, cela représente 187 € restitués au pouvoir d'achat des voyageurs.
D'autres leviers existent. Ils ne sont pas notre combat principal, mais ils comptent.
La TVA et les péages sont les deux décisions les plus rapides à prendre, sans réforme structurelle. D'autres voies, plus longues ou plus politiques, peuvent renforcer ou prolonger leur effet.
L'arrivée de Trenitalia sur Paris–Lyon a déjà fait baisser les prix de 20 % en moyenne. Étendre l'open access aux grandes lignes (Atlantique, Nord, Est) accélérerait l'effet sans changement de doctrine.
Plafonner l'écart entre le prix le plus bas et le prix le plus haut sur un même trajet, comme l'a fait l'Espagne. Rend le train prévisible pour celles et ceux qui ne peuvent pas réserver trois mois à l'avance.
Sur le modèle du Deutschlandticket (49 €/mois) ou du climate ticket autrichien. Coût budgétaire élevé, mais effet immédiat sur l'usage quotidien et le report modal.
Quand on compte les heures travaillées pour payer le billet, la vitesse réelle du TGV chute. Voyez la démonstration via la formule d'Ivan Illich, et un outil pour comparer selon votre revenu.
Téléchargez le kit citoyen — note d'argumentaire (4 p.), mail-type, projection chiffrée pour votre circonscription.